L'accouchement naturel n'a plus la cote

Date de publication : 15/07/2016 à 9:43

Alors que la tendance actuelle est au bio et au 100% naturel, les péridurales, côté accouchement, se systématisent. Comment expliquer ce phénomène ?

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Alors que la tendance actuelle est au bio et au 100% naturel, les péridurales, côté accouchement, se systématisent. Comment expliquer ce phénomène ?

 

Lord, can you buy me… une péridurale ?

Depuis les années 70 et la généralisation de la péridurale, nous nous sommes pour beaucoup découvert l’âme d’une Janis Joplin. On continue à hurler, rugir, mugir des « Mais il est oooooooùu l’anesthésiste ? » et des « Bip de Bip, je veuuuuuuuux une péridurale ! ».

Un papa nous a même confié que son épouse s’était presque transformée en Gollum devant lui. « Elle voulait une péridurale avec autant d’intensité que si elle avait perdu l’anneau précieux du Seigneur des Anneaux. » La douleur nous rend-elle folles ou frileuses ? Que nenni !

 

Folk’n roll, l’accouchement médicalisé ?

La liberté de la femme, c’est choisir si elle veut souffrir ou non en donnant naissance. Quand la péridurale de confort s’est présentée aux femmes, un vent de liberté s’est mis à souffler sur les maternités. Pourtant, elle n’est pas sans danger.

Quand vous prenez rendez-vous avec l’anesthésiste, il vous informe des risques. Comme pour toute anesthésie, il y a une possibilité d’accident cardiaque ou d’allergie à l’un des composants. Les effets secondaires sont quant à eux de l’ordre des vertiges, maux de tête, hypotension. Ils sont assez peu fréquents mais ils existent.

Quant aux césariennes, on en compte environ 1 sur 5 accouchements mais il est difficile d’avoir accès à des données précises. Reste que la césarienne de confort est plus une légende qu’une actualité. Les médecins connaissent l’impact d’une césarienne sur le corps. Ce n’est pas une intervention anodine.  Certaines mamans continuent à penser qu’elles sont proposées un peu trop systématiquement.

D’autres, au contraire, sont bien heureuses qu’elles existent. « J’étais déçue par mon premier accouchement, raconte Caroline, maman de 3 enfants. La péridurale avait été latéralisée. Je souffrais le martyr d’un côté du corps. De l’autre, je n’avais aucune sensation. Quand on disait « poussez ! », c’était très difficile de pousser avec efficacité. J’en ai voulu à l’anesthésiste et me suis jurée d’avoir l’accouchement le plus naturel possible si jamais un jour j’avais un second enfant. Le jour de sa naissance, j’étais toujours aussi décidée mais il s’est présenté en position défléchie. La poche des eaux était rompue. La sage-femme sentait que ses paupières se tuméfiaient. Il était coincé. Son rythme cardiaque n’était pas régulier. J’ai dû avoir une césarienne en urgence. Je peux vous dire que je ne l’ai pas regrettée. En d’autres temps, les bébés mourraient quand ils se coinçaient dans cette position. »

 

Les muppies

Il est vrai que les femmes d’aujourd’hui ne vivent pas au même rythme que leurs mamans et que les progrès de la médecine leur offrent plus de confort. Certains journaux appellent les nouvelles mamans « les muppies ». Elles gèrent leurs vies de A à Z, y compris toutes les imperfections liées à la vie de mère sans complexe. Elles ne se flagellent pas, ne cherchent pas à entrer dans la case des mères ultra-maternantes ou ultra-branchées. Elles veulent être elles-mêmes et prendre le temps de s’écouter avant de faire un choix.

Elles allaiteront certainement mais, en ce qui concerne l’accouchement, elles ne bouderont pas non plus la péridurale. « Ce n’est pas un paradoxe, explique Lim, une maman de 37 ans qui a monté sa propre agence de communication. Nous savons que la vie est courte, que la société actuelle met une pression dingue sur les épaules des femmes qui veulent mener de front une carrière épanouissante et une authentique vie de famille. Nous devons faire beaucoup de sacrifices, y compris celui de ne pas avoir beaucoup d’enfants car nos années d’études et nos débuts dans la vie professionnelle retarde la naissance de nos premiers enfants. Aussi, nous voulons profiter au mieux. Et, pour ma part, je ne voulais pas garder un souvenir traumatisant de mon premier accouchement. J’ai choisi la péridurale sans culpabiliser. Ma belle-famille m’a beaucoup critiquée pour ce choix mais je leur ai rappelé que j’étais la seule à décider de ce que je voulais faire ou non avec mon corps.»



Et vous, avec ou sans péridurale ?

 

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